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Un café théologique ?
Cela se passe dans l’un des plus vieux cafés de Saint Brieuc. Un bistrot à vin de caractère au décor début du siècle. L’écrivain Louis Guillou aimait s’y rendre. Le café Rollais est un endroit convivial où des gens très divers aiment venir échanger.
Pour l’équipe, Laurent Le Boulc’h
07/02/2003
Depuis le mois de mai, deux mardis soir par trimestre, 35 à 60 personnes (mais alors la petite salle derrière le bar déborde de partout) se réunissent. Ces soirs-là, se construit quelque chose d’inattendu.
Car rien n’est joué d’avance. On avance sur un fil et sans filet ! Mis à part le thème annoncé, ancré dans l’expérience humaine, ouvert et provoquant à la fois, quelques textes pour relancer si nécessaire l’échange et un animateur un peu paniqué au départ, tout est à construire ensemble !
Des règles très simples : une grande écoute avec en arrière fond les bruits côté bar, une parole qui dit je, et la volonté de progresser ensemble dans l’échange. Et trinquer à mi route !
Il y a bien la douzaine d’habitués, pour le reste, à chaque fois, des nouveaux venus. Des inconnus, venus grâce à la presse et surtout le bouche à oreille. Tous les âges, toutes les sensibilités chrétiennes ou non…
L’étonnant c’est que, pris dans ce climat de respect et de recherche collective, ils sont très nombreux à prendre la parole : plus de 20 à chaque séance ! Mais il faut que l’animateur sans cesse traduise, saisisse les petites marches qui font avancer le débat, rabote celles trop hautes qui pourraient décourager… Aide en somme le groupe à construire lui-même un jeu cohérent avec ses multiples facettes.
Au bout du compte, nous sommes surpris du résultat. L’échange aura permis un extraordinaire enrichissement, une interpellation pour chacun, une vraie fraternité.
L’équipe oecuménique qui anime le café est heureuse de proposer cette initiative qui nous paraît bien en phase avec la culture d’aujourd’hui et cela pour diverses raisons.
- Le fait que le café théologique soit proposé par des chrétiens issus des communautés catholique et protestante est un gage d’ouverture. C’est aussi l’occasion pour nous de mieux nous connaître.
- La parole ici se veut totalement libre, parfois imprévisible, offerte à chacun. Une exigence et un signe de confiance donnée.
- Il ne s’agit pas d’un café chrétien ou d’un café pour chrétiens. Personne n’est ici en représentation d’une institution ou d’une fonction. Sans cesse nous devons garder présent à l’esprit que nous ne sommes pas chez nous mais dans un lieu public qui ne nous appartient pas. Changement de posture alors qui oblige à plus de tolérance, de gratuité et d’humilité.
- Il s’agit de parler de Dieu l’indicible. Expérience difficile mais qui, peu à peu, se libère dans la conversation. Avec toute la richesse d’interventions en forme de témoignages, convictions, questionnements, suggestions.
- Viennent ici des gens travaillés par la question spirituelle et qui jamais n’auraient franchi la porte d’une paroisse. Signe que l’interrogation spirituelle est bien vivante aujourd’hui mais qu’elle a besoin de nouveaux lieux pour se dire et se construire.
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