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La Couronne d'épines du Christ existe-t-elle toujours ?

Les reliques de la Passion présentées à Notre-Dame de Paris sont constituées par un
morceau de la Croix conservée à Rome et ramené par Sainte Hélène, mère de
l’empereur Constantin, un clou de la Passion et la Sainte Couronne d’épines.

CEF / inXL6
10/09/2008

Les reliques de la Passion présentées à Notre-Dame de Paris sont constituées par un
morceau de la Croix conservée à Rome et ramené par Sainte Hélène, mère de
l’empereur Constantin, un clou de la Passion et la Sainte Couronne d’épines.

Parmi ces reliques, la Sainte Couronne, ramenée de Constantinople par saint Louis en
1239, est, sans doute, la plus précieuse et la plus vénérée. Son authenticité ne peut
être scientifiquement attestée mais une chose est sûre : elle est porteuse de plus de
seize siècles de prière fervente de la chrétienté.

Saint Jean rapporte que les soldats romains, dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint,
se moquèrent du Christ et de sa royauté en le coiffant d’une couronne garnie d’épines
(Jean 19, 12).

La couronne déposée à la cathédrale de Paris est un cercle de joncs réunis en
faisceaux et retenus par des fils d’or. C’est sur ce cercle tressé, d’un diamètre de 21
centimètres, que se trouvaient les épines. Ces dernières ont été dispersées au cours
des siècles par les dons effectués, soit par les empereurs de Byzance, soit par les rois
de France. On en compte 70, de même nature, qui s’en affirment originaires.
L’allusion faite à la Couronne d’épines et aux instruments de la Passion du Christ
pendant les premiers siècles est déjà mentionnée dans les récits de pèlerins se rendant
à Jérusalem au IVe siècle.

Entre les VIIe et Xe siècles, les reliques seront progressivement transférées à Constantinople dans la chapelle des empereurs byzantins, en particulier pour les mettre à l’abri de pillages semblables à ceux subis par le Saint Sépulcre, lors des invasions perses. En 1238, Byzance est gouvernée par Baudouin de Courtenay, un empereur latin. En grande difficulté financière, il décide de mettre les reliques en gage auprès de banquiers vénitiens pour en obtenir des crédits.
Saint Louis, roi de France, intervient alors et dédommage les Vénitiens. Le 10 août
1239, le roi, suivi d’un brillant cortège, accueille vingt-deux reliques à Villeneuvel’Archevêque. Le 19 août 1239, la procession arrive à Paris ; le roi délaisse alors ses atours royaux, endosse une simple tunique et, pieds nus, aidé de son frère, porte la Sainte Couronne jusqu’à Notre-Dame de Paris avant de déposer l’ensemble des reliques dans la chapelle du palais. Pour les conserver, il édifie un reliquaire à leur mesure : la Sainte Chapelle.

Durant la Révolution française, les reliques seront déposées à la Bibliothèque nationale.
Suite au Concordat de 1801, elles seront remises à l’archevêque de Paris qui les affectera au trésor de la Cathédrale le 10 août 1806 où elles se trouvent toujours aujourd’hui.
Depuis lors, ces reliques sont confiées aux chanoines du Chapitre de la Basilique
métropolitaine chargés de leur vénération, et placées sous la garde statutaire des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.
Napoléon Ier et Napoléon III ont offert chacun un reliquaire que l’on peut voir au Trésor
de Notre-Dame.

La vénération de ces reliques présentées aux fidèles a lieu chaque premier vendredi du
mois à 15h, chaque vendredi de carême à 15h et le Vendredi Saint de 10h à 17h.
Par cette pratique, les croyants s’unissent à la contemplation du Mystère de la mort et
de la résurrection du Christ qui est à la source de la foi parce qu’il exprime l’amour sans
limites du Christ envers les hommes et sa solidarité avec les souffrances du genre
humain.

Sainte Hélène | © DR