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Juifs et catholiques : quel dialogue pour l’avenir ?

Le CRIF, en association avec le Congrès juif européen et le service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme, organise un colloque sur le thème : « Dix ans après la Déclaration des Evêques de France à Drancy : quel dialogue pour l’avenir ? » le 11 décembre.

CEF
11/12/2007

Parmi les différents sujets abordés :

.un hommage à Jean-Marie Lustiger,
.le rôle pionnier de la France dans le dialogue judéo-catholique,
.le dialogue entre Juifs et Catholiques dix ans après Drancy,
.la transmission de l’enseignement de l’estime aux jeunes générations.


Ce colloque se déroulera, entre autres, en présence de :

.Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris.
.Richard Prasquier, président du CRIF, vice-président du CJE et de la Commission interreligieuse du CJE.
.Joseph Sitruk, Grand rabbin de France.
.André Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France.
.Norbert Hofmann, secrétaire du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des Chrétiens, représentant le Saint-Siège.
.Jean-Pierre Ricard, cardinal archevêque de Bordeaux, vice-président de la Conférence des évêques européens.
.René-Samuel Sirat, Grand rabbin du Consistoire.
.Pinchas Goldschmidt, Grand rabbin de Moscou, vice-président de la Conférence des rabbins européens.
.Gilles Bernheim, Grand rabbin de la synagogue de la Victoire.
.Patrick Desbois, directeur du service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme.


Déclaration des évêques de France à Drancy - 30 septembre 1997

Evénement majeur de l'histoire du XXème siècle, l'entreprise d'extermination du peuple juif par les nazis pose à la conscience des questions redoutables qu'aucun être humain ne peut écarter. L'Église catholique, loin d'en appeler à l'oubli, sait que la conscience se constitue par le souvenir et qu'aucune société, comme aucun individu, ne peut vivre en paix avec lui-même sur un passé refoulé ou mensonger.

L'Église de France s'interroge. Elle y est conviée comme les autres Églises par le Pape Jean Paul II à l'approche du troisième millénaire : " Il est bon que l'Église franchisse ce passage en étant clairement consciente de ce qu'elle a vécu ( ... ) Reconnaître les fléchissements d'hier est un acte de loyauté et de courage qui nous aide à renforcer notre foi, qui nous fait percevoir les tentations et les difficultés d'aujourd'hui et nous prépare à les affronter " [2].

Après la célébration, cette année, du 50ème anniversaire de la Déclaration de Seelisberg (5 août 1947), petit village de Suisse où, au lendemain de la guerre, des juifs et des chrétiens avaient posé les jalons d'un enseignement nouveau à l'égard du judaïsme, les évêques de France soussignés, en raison de la présence de camps d'internement dans leur diocèse, à l'occasion de l'anniversaire, dans quelques jours, du premier statut des juifs décidé par le gouvernement du Maréchal Pétain (3 octobre 1940), désirent accomplir un pas nouveau. Ils le font pour répondre aux exigences de leur conscience éclairée par le Christ. Le temps est venu pour l'Église de soumettre sa propre histoire, durant cette période en particulier, à une lecture critique, sans hésiter à reconnaître les péchés commis par ses fils et à demander pardon à Dieu et aux hommes.

Une parole de liberté et de réconciliation.

L’importance de l’événement de Drancy a été, je crois, très fortement ressentie dans l’opinion. Il me semble que beaucoup ont apprécié, et d’une manière qui n’était pas superficielle, que soit prononcée une parole de repentance, qui était une parole de liberté spirituelle, une parole qui voulait servir, dans notre pays, la vraie liberté de notre peuple par rapport à son histoire, servir, dans la vérité, la réconciliation toujours à reprendre de notre communauté nationale avec elle-même et avec son passé. Nous sentons bien que, par rapport à ce passé, les réactions épidermiques ou profondes sont diverses. On peut penser que, pour une part, il en va de notre Assemblée comme de notre pays. En France, beaucoup ont compris aussi que cette déclaration s’inscrivait sur l’arrière-plan de l’histoire, si complexe et si difficile, des rapports de l’Église au peuple juif.

En même temps, je ne peux pas faire comme si le courrier reçu ensuite était majoritairement positif. Beaucoup de chemin reste à faire. Parmi les sources d’incompréhension, je relève le trouble de certains chrétiens, quant à l’image qu’ils ont de la sainteté de l’Église; je relève la difficulté qu’ont un certain nombre de gens à saisir ce que peut avoir d’unique la relation de l’Église au judaïsme; je relève beaucoup de demandes ou de revendications du genre: ‘Vous n’avez pas le droit de parler de ceci puisque vous ne dites rien de cela, et de cela.’, et d’autres choses encore. Je relève surtout, hélas, que l’antisémitisme n’est pas mort, et que ses arguments les plus classiques, si j’ose employer ce mot, ont toujours cours.

Extrait de l'intervention de Mgr Louis-Marie Billé, président de la Conférence des évéques de France.
Novembre 1997

CRIF : Conseil Représentatif des Institutions juives de France.

Menora : Chandelier à sept branches. le symbole juif le plus ancien. ( à huit branches pour Hanouka) | © DR