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Santé et soins au Brésil.

Sophie Mercusot, volontaire au Brésil depuis 2005 avec la DCC est infirmière chef dans un hôpital public.

Sophie Mercusot
06/03/2007

A Maranhão, état du Nod-Est du Brésil, de nombreuses personnes au sein de l’Église se mobilisent pour améliorer les conditions sanitaires des populations. Sophie, infirmière chef dans l’hôpital public de Primeira Cruz, agit à leurs côtés.

Contexte socio-économique et réalité sanitaire.
Nous essayons de travailler au quotidien « l'humanisation » des soins. A vivre dans la précarité, il se développe une logique dans laquelle, « on ne s'encombre pas du superficiel » . Pour un soin ou un accouchement, on fait l'acte du mieux qu'on peut, sans se poser de question, ni se laisser envahir par « des futilités » . Par exemple, il est difficile de prendre le temps d'expliquer à un enfant, pourquoi il est important de faire telle injection ou de rester à l'hôpital pour surveiller l'évolution de la maladie, tout en incluant la maman au soin.
Les maladies comme la lèpre sont encore présentes. Des enfants décèdent de déshydratation par faute de rapidité dans la prise en charge des diarrhées et à cause de l'eau contaminée par les amibes. Beaucoup de personnes sont porteuses aussi de séquelles dues aux maladies cardio-vasculaires ou au diabète, mal ou non suivies...
Cette réalité, en milieu rural isolé, laisse ainsi très largement la place aux thérapies populaires et aux guérisseurs, auxquels j'ai eu l'occasion d'être confrontée, dans le cadre de mon travail à l'hôpital. Sceptique au départ, quant à l'efficacité de ces pratiques, je peux témoigner, aujourd'hui, de l'importance fondamentale qu'ont ces guérisseurs sur le bien-être des habitants de la région, ainsi que sur leur équilibre psychologique. Culturellement et faute d'une médecine scientifique de qualité, les gens n'ont parfois pas d'autre alternative que de se tourner vers les « médecins traditionnels », en qui ils mettent toute leur foi et leur espérance. Or, tant qu'il y a l'espérance...

L’action sanitaire de l’Eglise.
Grâce aux « Communautés Ecclésiales de Base », l'Église est très présente dans les classes populaires, et apporte un soutien plus que spirituel. J'ai ainsi la chance de faire partie, de « la Pastorale de l' Enfance » qui, en dehors du fait d'être un mouvement oecuménique, a une démarche de santé publique vraiment très intéressante.
Elle est née en 1983 et son objectif premier est de réduire la mortalité infantile au Brésil qui est de 27 %0 contre 4%0 en France. Pour sa fondatrice, Zilda Arns Neuman, pédiatre brésilienne, la solution aux problèmes de santé de la femme enceinte et de l'enfant, passe par l’éducation. Tout ceci dans un esprit missionnaire, inspiré par la parabole du Bon Pasteur : « Je suis venu pour qu'on ait la vie et qu'on l'ait en abondance. » Jean X,10
Concrètement des femmes (et quelques hommes) s'engagent au nom de leur foi chrétienne à devenir « leaders communautaires » et à servir les familles qui comptent des enfants de moins de 6 ans et/ou des femmes enceintes. La mission bénévole de ces leaders est entre autres choses d'éduquer les familles sur les soins de base, la nutrition et la citoyenneté.
En plus de leur propre expérience de parents, ces leaders reçoivent une formation de base très sérieuse et bénéficient d'une formation continue régulière.
Ce qui reste très important dans cette expérience de santé publique est que les principaux acteurs du travail réalisé sont des personnes de mêmes conditions sociales que les «bénéficiaires» . Un réel sentiment de confiance s'installe, ainsi qu'une plus grande crédibilité quant au rôle et à l'action des leaders, auprès des familles.
C'est pour moi le plus bel exemple « d'éducation par les paires » que prônent tous les spécialistes en santé publique, mais surtout un merveilleux exemple de don de soi, gratuit.
Avec le groupe de Primeira Cruz, nous venons de participer à une formation en plantes médicinales. Nous avons ainsi réalisé trois plans de ces plantes, afin de fabriquer nos tisanes, pommades et huiles de massage. Ces « remèdes » seront en effet moins onéreux que les médicaments allopathiques et d'effet, tout aussi efficace.

La DCC est la Délégation Catholique pour la Coopération.

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