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Défense de l'Amazonie : un missionnaire et un prêtre menacés de mort
La magistrature de Santarém (Ouest de l’État amazonien du Pará) a ouvert une enquête sur les menaces de mort adressées via internet à des environnementalistes et à deux religieux qui s’opposent, avec un réseau de mouvements sociaux, aux activités de la compagnie américaine Cargill, une compagnie de production et commercialisation de soja.
Agence Misna
08/06/2006
Le procureur Renato Rezende a constaté que les intimidations, adressées en particulier au Père diocésain Edilberto Sena et au missionnaire verbite José Boing, ont récemment été publiées sur une page du site brésilien ‘Orkut’ et signées par Derik Figueira et Sidney ‘Dé’ Neumann. Le site a été bloqué. Les deux signataires sont accusés d’avoir violé la "Lei de crime de imprensa" et risquent jusqu’à un an de prison.
"Il y a 4 ans, la compagnie Cargill a construit une grosse installation pour transporter le soja de Santarém (port sur le Rio des Amazones) avec le soutien des autorités locales, mais sans présenter d’étude sur l’impact de ces travaux sur l’environnement" explique à l'agence MISNA le Père Jaime Zuluaga, supérieur régional des missionnaires verbites en Amazonie. "Ce projet a entraîné un véritable exode des populations des zones rurales ; certains paysans ont été forcés de céder à bon marché leurs terres aux ‘sojeros’ (producteurs de soja) venus du Sud du pays, d’autres ont été éloignés de leurs terres, d’autres encore menacés. Cette situation a débouché sur la protestation de nombreux mouvements sociaux, également soutenus par l’Église locale, qui ont demandé au gouvernement local et fédéral de vérifier la régularité des opérations de l’entreprise. La magistrature a observé des irrégularités et fait fermer l’installation pour une brève période, mais elle a ensuite été rouverte" poursuit Père Zuluaga.
Les ‘sojeros’ ont riposté en attaquant les paysans, les indigènes et les militants de l’organisation de pour la protection de l’environnement Greenpeace, en affirmant que les activités de la Cargill amenaient le progrès et du travail en Amazonie. "Mais ce n’est pas le cas, aucun emploi n’a été créé pour la population locale, alors qu’il est sûr que la forêt amazonienne va continuer à être déboisée et que dans 20 ans, il n’y aura plus rien" a souligné Père Zuluaga.
Les noms de Père Sena, récompensé l’an dernier par l’Ordre des avocats brésiliens du Pará (un prix remis en 2004 à la religieuse américaine Dorothy Stang, assassinée en janvier 2005 à Anapu) et de Père Boing, président de la Commission des droits de l’Homme de Santarém, sont cités à la fin de l’article signé par Derik Figueira, dont le quotidien "Diario do Pará" a publié des extraits : "Greenpeace a dit qu’elle protesterait encore contre Cargill… Nous défendons ce qui nous appartient contre l’invasion étrangère. Et si tu as la possibilité de frapper un activiste dans la rue, frappe-le et frappe-le encore jusqu’à la mort, frappe pour le tuer… Tuez Edilberto Senna et Père Boing pour le bien de Santarém!”.
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