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CPE : renouer le fil du dialogue
Selon un communiqué du Secours Catholique / Caritas France, les manifestations qui se déroulent en France depuis plusieurs semaines témoignent d’un malaise profond face au développement de la précarité de l’emploi. L'association appelle tous les protagonistes à renouer au plus tôt le fil du dialogue
Secours Catholique / Caritas France
28/03/2006
Les manifestations qui se déroulent en France, pour demander le retrait du Contrat Première Embauche (CPE), témoignent d’un malaise profond face au développement de la précarité de l’emploi. Le Secours Catholique souligne depuis plusieurs années l’augmentation du phénomène des travailleurs pauvres, qui touche toutes les couches de la population.
En 2003 dans son rapport statistique annuel sur l’évolution de la pauvreté, l’association, soulignait déjà que : « 74% des accueillis au Secours Catholique, qui déclarent travailler, ont un emploi précaire et qu’aucun de ces emplois n’assure un niveau de vie qui permettrait de se situer au dessus du seuil de pauvreté ». Parce que l’emploi est au cœur de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, il est aujourd’hui nécessaire de penser et d’imaginer d’autres voies que celles du « tout précaire ».
« Le travail qui a longtemps été considéré comme un rempart universel contre la pauvreté, ne protége plus les personnes que nous accueillons », insiste le Secours Catholique. Trois salariés sur quatre rencontrés par l’association, ont un emploi précaire (CDD, Interim, temps partiel…), qui expose à la pauvreté en entraînant une succession de ruptures dans les ressources et donc une vie en pointillés. Pas de contrat fixe, pas de logement, pas d’accès au prêt bancaire, pas de projet d’avenir…
« Pour sauver l’emploi on tue l’emploi durable au profit d’un emploi ajustable » explique Gilbert Lagouanelle, directeur de l’Action Institutionnelle au Secours Catholique.
Le Contrat Première Embauche, même si son objectif déclaré est de permettre d’offrir un emploi à ceux qui le recherchent en vain, induit cependant une part importante d’instabilité, et donc un véritable risque de précarisation pour ces jeunes et particulièrement pour les plus fragiles.
C’est pourquoi le Secours Catholique appelle le gouvernement, les partenaires sociaux et les organisations représentantes des étudiants et lycéens, à renouer au plus tôt le fil du dialogue afin d’entamer rapidement une véritable concertation sur cette question essentielle de l’emploi des jeunes. Il propose que les associations qui participeront le 10 avril prochain, à Matignon, à la Conférence Nationale de Lutte Contre l’Exclusion, soient alors associées à cette réflexion.
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