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Communiqué du Secours catholique - Caritas France

Projet de loi concernant l’immigration : le Secours Catholique appelle à la générosité

Le gouvernement a annoncé son intention de modifier la loi sur l’immigration. Un projet est en cours de préparation. A la veille de la Journée du Migrant et du Réfugié, célébrée par les chrétiens du monde pour rappeler l’appel de l’Evangile à l’accueil de l’étranger, le Secours Catholique, conscient de la responsabilité du législateur et de la complexité du problème, tient à rappeler quelques principes.

Secours catholique - Caritas France
15/01/2006

Le Bien Commun, qui inspire le législateur, doit être recherché non seulement sous l’angle national, mais sous l’angle universel et sous celui de la personne. La mondialisation rend illusoire la tentation de seulement nous barricader. Elle impose d’accepter des migrations nécessaires et inévitables, mais aussi de réduire les causes de départ tenant à la misère des pays d’origine.

Et surtout, dans les pays dits d’accueil, l’immigration ne peut être considérée que de manière utilitaire. Toute modification de la loi doit viser en priorité la protection des plus faibles contraints à la migration par la pauvreté et la mauvaise gouvernance. La personne humaine est la priorité.

Les réflexions en cours feraient apparaître quelques aspects positifs : nécessité de l’immigration, recherche de l’intégration, ouverture du marché du travail, références au co-développement.

Mais on ne peut admettre, sous l’angle humanitaire et à long terme, des dispositions pénalisant les étrangers en situation précaire. La distinction entre immigration voulue et immigration subie a un caractère pédagogique et reconnaît le caractère positif de l’immigration. Mais on ne peut oublier que les premiers à « subir » sont ceux qui sont forcés à la migration.

Il faut oser dire que l’aide au développement comme l’accueil de l’étranger supposent une solidarité accrue et une remise en cause de nos genres de vie.
La vie familiale ne doit pas être entravée pour des étrangers par l’exigence de conditions matérielles, qui seraient hors de portée d’une bonne partie des Français.
Les malades étrangers présents en France doivent recevoir les soins indispensables avant qu’un pronostic vital ne soit atteint ; ceci induit un accès au séjour légal, des ressources et une aide sanitaire à leur pays.
La présence en France de nombreux « sans-papiers » est reconnue. Certains y ont noué des liens depuis longtemps et y sont intégrés. Leur accès légal au séjour du fait de la « vie privée » ne peut être soumis à des conditions quasi inaccessibles. La régularisation préfectorale humanitaire doit être élargie pour éviter des vies hors-la-loi à perpétuité.
L’intégration est un objectif mais ne se décrète pas : elle procède de l’interaction entre les efforts des nouveaux venus et ceux de la société installée. Les étrangers, travailleurs en séjour régulier depuis longtemps, mais qu’un simple échec linguistique empêcherait d’accéder à un statut de résident, ne doivent pas demeurer à la merci d’un non renouvellement de leur séjour temporaire lié à leur contrat de travail.
La loi doit assurer la protection des plus faibles et mesurer les incidences pour les personnes déjà présentes. C’est bien cet équilibre qui marque une bonne gouvernance.

Le jour où l’attention se porte sur ceux qui sont poussés à quitter leur pays, chaque décideur, chaque citoyen est invité à abandonner sa vision pour adopter, au moins quelques instants, celle de son frère migrant.

| © DR

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