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Narnia : le catéchisme version Disney ?

Le dernier né des studios Disney est l’un des trois événements cinématographiques de cet hiver, en compétition avec Harry Potter et King Kong. Et il faut le dire, les studios Disney ont mis le paquet: tournages aux quatre coins de la planète, décors, costumes et effets spéciaux grandioses, promotion peaufinée…

Jey pour jeunescatho.org
20/12/2005

Il y a là-derrière comme un esprit de revanche - une façon de dire qu’on a compris la leçon après avoir laissé passer sous son nez le jackpot nommé Potter (jugé trop londonien) et la trilogie du Seigneur des Anneaux (trop coûteuse, disait-on à l’époque).

Cette fois, Disney sait ce qu’il fait en misant sur «Le Monde de Narnia». L’œuvre est bien rôdée. Il s’agit à la base d’une série de sept livres écrits dans les années 50 par Clive Staple Lewis. La saga, intitulée «Les Chroniques de Narnia» a été traduite en 34 langues; plus de 85 millions d’exemplaires ont été vendus à travers le monde. Bref, un monument de la littérature anglo-saxonne.

Le secret du scénar’

Une cruelle sorcière nommée Jadis a usurpé le pouvoir à Narnia. Elle a plongé tout le pays dans un hiver perpétuel et a réduit en servitude ses habitants. Pour eux, “c’est toujours l’hiver, et jamais Noël!” Un seul espoir habite encore le cœur de ceux d’entre eux qui ne se sont pas ralliés au pouvoir maléfique de la sorcière: le retour du lion Aslan, le créateur de Narnia. Mais l’attente devient longue... Pourtant, une prophétie ancienne annonce que la tyrannie de la sorcière prendra fin et que deux fils d’Adam et deux filles d’Ève monteront sur les quatre trônes de Cair Paravel…


Voilà, en gros, la situation de départ, quand Lucie et ses frères et sœur, découvrent le monde de Narnia en passant par une armoire magique. Vous allez dire: «Encore un scénar’ archi classique, avec des bons et des méchants, et - connaissant Disney - les gentils gagnent à la fin, ils sont heureux et ils ont beaucoup d’enfants.» Mais il y a une subtilité à l’histoire. Car dans la trame du récit, Lewis a transposé toute sa foi chrétienne. Lors d’une conférence en 1954, il a expliqué: «Je me suis dit: Supposons qu’il existe un monde comme Narnia et que, de la même façon que le Fils de Dieu est devenu un homme dans notre monde, il soit devenu un lion dans celui de Narnia. Imaginons alors ce qui arriverait.»

Alias Aslan

Dans l’œuvre de Lewis, donc, le Christ transparaît sous les traits du lion Aslan. Les habitants attendent sa venue comme le peuple hébreu attendait le Messie. Aslan aura d’ailleurs son Jean-Baptiste. Dans l’univers féerique de Lewis, ce messager qui annonce la venue du sauveur, c’est le père Noël!… Et puis, la prophétie qui annonce le règne des quatre descendants d’Adam et Ève rappelle un peu cette autre prophétie qui fit trembler le cruel Hérode…

Aslan est au centre de toutes les Chroniques de Narnia. C’est à ses côtés, ou c’est pour lui, que les héros de la saga entreprennent leurs quêtes héroïques. Aslan prend parfois des apparences nouvelles: il peut être tantôt un agneau, tantôt une voix que l’on entend à côté de soi.

Au cours de l’histoire, Aslan explique même qu’il n’est pas présent qu’à Narnia. On peut le rencontrer dans ce monde-ci également, comme il le dit à Lucy: «Je porte là-bas un autre nom. Il faut apprendre à me connaître par ce nom.» À une jeune lectrice qui lui écrivait un jour pour demander quel était ce nom, Lewis répondit malicieusement: «L’autre nom d’Aslan, je souhaite que vous le deviniez. Personne d’autre dans ce monde n’est arrivé à la même époque que le Père Noël. Il est le fils de l’Empereur au-delà des mers. Il s’est sacrifié pour racheter la faute d’un autre, a été moqué et tué par de mauvaises personnes. Il est revenu à la vie. Il s’exprime parfois comme un agneau. Vraiment, vous ne savez pas son nom dans ce monde? Réfléchissez bien et faites-moi savoir votre réponse.»

Petit credo avant le dodo?

Ainsi l’œuvre de Clive Staple Lewis est comme un catéchisme version Jean de La Fontaine. Elle parle de Dieu, de la création, de la quête religieuse, de la lutte contre le mal et de la rédemption de l’homme par la mort et la résurrection d’un Sauveur. Et tout cela, sans avoir l’air d’y toucher. Avec la bonhomie d’un grand-père qui raconte un joli conte de fée à ses petits-enfants pour les endormir le soir.

Mais au lieu de nous endormir, - qui sait? - peut-être cela va-t-il réveiller notre foi?…


Source : www.jeunescatho.org, le site jeune de la conférence des évêques de Belgique

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